Ces deux territoires n’ont pas été confrontés aux mêmes problématiques au cours de leur histoire : là où ils ont tous deux connu une forte période de croissance dans les années 60 engendrant un important étalement urbain, ils n’ont pas connu les mêmes problèmes et ont donc recouru à des solutions bien différentes.

 La ville de Québec peut être comparée à ce qui se voit en France dans le sens où elle possède un centre historique dense qui attache une grande importance à sa conservation, et des quartiers pavillonnaires situés en périphérie. Le territoire étant bien plus grand au Québec, l’étalement urbain n’en est que plus conséquent sans pour autant que les problèmes liés au manque d’espace se fassent rapidement sentir. Le modèle de la réussite social basé sur l’accession à la propriété en milieu périurbain a aussi son rôle à jouer dans l’organisation des transports. Ne serait-ce que par l’évocation de ces deux raisons - immensité du territoire et représentation de la réussite sociale -, on peut comprendre que la ville de Québec a surtout misé sur le développement d’un important réseau routier et aérien. Un réseau routier, pour d’une part relier les grandes villes comme Québec, Montréal et Windsor entre elles et d’autre part pour connecter le centre à sa banlieue. Le réseau aérien est lui aussi important pour que la province de Québec ne reste pas isolée du reste du Canada.

Par notre regard d’européen, il est ainsi étonnant de constater que les habitants de Québec ne semblent pas sensibilisés aux autres moyens de transport. Pour beaucoup, la voiture est une évidence pour se déplacer. Il est clair que l’on retrouve aussi ce schéma de pensée en France, à la différence près que les pouvoirs publics du Québec semblent également se confondre dans cette manière de raisonner. Aujourd’hui, on peut seulement dénoter une prise de conscience récente pour développer une alternative à la voiture.

Mais il reste un grand retard à combler : les réseaux de bus sont très peu performants par rapport à chez nous. Ne serait-ce que dans l’information aux usagers. Il est difficile de se rendre à une destination pour un néophyte : les arrêts, le tracé de la ligne, les temps d’attente ne sont pas indiqués dans les bus. De même, les véhicules sont souvent bondés du fait d’un réseau non adapté au flux. Il n’existe pas non plus de gestion commune des réseaux de bus, complexifiant davantage leur utilisation. Par exemple, Québec et Lévis ont chacun une structure différente qui s’occupe de l’organisation des transports en commun. Elles ont donc des tarifications et des tracés propres créant un manque de cohérence flagrant. Il n’est actuellement pas encore question de développer un système semblable à la France où la communauté d’agglomération est capable de proposer un réseau adapté à l’échelle de l’intercommunalité.

Il est également important de noter la quasi absence d’un réseau ferré. Les trajets interurbains se font ainsi le plus souvent par car ou par avion. Cela renforce d’autant plus la légitimité de la voiture sur l’avion qui n’est pas confrontée aux contraintes lourdes des trajets aériens. Et également sur le car qui lui aussi connaît des problèmes de congestions aux abords des grandes villes.

Les modes de déplacements doux ne sont pas une priorité à Québec car pour l’instant on persiste à croire que chacun possède une voiture pour faire ses déplacements quotidiens. Mais au-delà de l’aspect purement environnemental, qu’en est-il pour les personnes les plus fragiles ne pouvant utiliser ce moyen de transport ? Les moyens de transports alternatifs à la voiture ne sont pas assez développés pour proposer une offre susceptible de convenir à tous.

Pour finir, on pourrait évoquer la place du vélo dans la ville qui est quasiment inexistante. Bien que la voirie et la météo ne soient pas vraiment adaptées pour les cyclistes (beaucoup de 2 x 3 voies… et du froid !), il n’est pas encore conçu de pistes cyclables pour des trajets domicile-travail. Seul un itinéraire de promenade est en cours de réalisation dans la ville de Québec. Pourtant on constate une réelle volonté, notamment parmi les étudiants, de développer un peu plus ce mode de déplacement. Il suffit de regarder le nombre de vélos garés aux abords des universités et des quelques courageux enfourchant leur bicyclette en plein hiver pour se rendre compte de l’engouement que suscite ce moyen de transport.