La question du droit des usagers dans ces lieux ouverts au public mais cependant privés n’a pas encore trouvée une réponse claire. Plusieurs points peuvent poser problème : l’accès à ces lieux aux personnes sans abri, l’interdiction de regroupement dans certains cas, la vidéo surveillance, ou encore de manière plus anecdotique, l’interdiction de prendre des photos. Une telle situation est possible dans la mesure où les décisions appartiennent aux propriétaires privés des lieux.

Les éléments précédents suggèrent que les propriétaires privés développent la ville intérieure pour un public ciblé. D’ailleurs, des études sur la ville intérieure révèlent que la majorité de ses usagers sont des personnes qui y travaillent, soit en grande partie, une population de femmes et d’hommes d’affaires.

Les limites de la gestion d’un tel souterrain par un ensemble de propriétaires privés se retrouvent également au niveau de l’entretien et sa gestion. En effet, dans l’ensemble, chaque propriétaire cherche à limiter ses coûts d’entretien et à maximiser les avantages qu’il peut retirer d’un tel équipement. Ainsi, on retrouve très peu de mobilier urbain tel que des poubelles dont le coût de gestion est élevé ou encore très peu de bancs.

La ville intérieure peut également entrer en concurrence avec la ville extérieure et ses réseaux. D’une part aux travers des investissements dont ils bénéficient, et d’autre part au travers de la fréquentation des citadins. Le développement de la ville intérieure peut en effet être un prétexte à l’absence d’investissement pour les voiries extérieures dédiées aux piétons.

La possible diminution de la fréquentation de la ville extérieure risque d’avoir un impact négatif sur la structure commerciale de celle-ci.

Cette mise en concurrence peut mener à l’émergence de deux villes distinctes qui se développeraient en parallèle sur un même territoire. Il est donc essentiel d’assurer l’articulation et la complémentarité de ces deux « villes ». Ces deux réseaux ne peuvent pas être utilisés alternativement, l’un en hiver, l’autre en été, sous peine de pénaliser l’ensemble du tissu commercial du centre ville et de compliquer la gestion des réseaux.

Enfin, nous avons remarqué un déficit d’accessibilité sur l’ensemble du réseau intérieur. De nombreux obstacles (moulin à personne, escalier…) limitent l’accès de ces souterrains aux personnes à mobilité réduite, aux poussettes, mais aussi aux vélos, rollers, skates dont l’utilisation à l’intérieur du réseau est rarement toléré…