La gestion des risques : l’exemple du bassin versant de la rivière Montmorency
La rivière Montmorency est un affluent du fleuve Saint-Laurent, dont le bassin versant occupe une surface de près de 1100 km², à travers une forêt boréale, dans une région montagneuse. Le bassin versant est très peu habité à part à la confluence avec le Saint-Laurent.
Chutes Montmorency
Le risque se décompose en deux composantes principales que sont la vulnérabilité et l’aléa. D’autres composantes entrent en jeu comme le degré d’exposition au risque ou la réponse de la population face à ce risque. Cela correspond d’un point de vue mathématique à la somme des dommages multipliée par le degré de probabilité.
Les risques touchant le territoire du bassin versant de Montmorency sont les inondations, surtout liées à des événements de type embâcle-débâcle. Une embâcle correspond à un amoncellement de glace qui obstrue les cours d’eau. Ce phénomène agit comme un barrage pour l’eau circulant, et lors de la fonte des glaces, une importante masse d’eau est libérée provoquant ainsi une inondation du territoire.
Les études concernant ce phénomène permettent de comprendre les dynamiques morphologiques et hydrographiques des cours d’eau, de simuler une crue exceptionnelle, mais également d’analyser les risques pour les résidents et les infrastructures ainsi que de proposer des solutions d’aménagement face aux risques.
La crue de 1996 considérée comme une crue exceptionnelle sur un bassin voisin de celui de la rivière Montmorency a provoqué 1,5 milliards de dollars de dégâts. Cette crue était de type géomorphologique, c’est à dire qu’elle a complètement modifié le parcours de la rivière. Une particularité de la rivière Montmorency est qu’elle est anastomosée, c’est-à-dire que le cours de la rivière est ponctué de multiples îles qui disparaissent lors de périodes de crue. La berge peut se déplacer de près de 2 mètres chaque année, ce qui est considérable. Les conséquences en termes d’aménagement sont considérables et les berges ne sont pas aménageable à plus de 100 mètres du lit de la rivière.
Des études permettent de déterminer si la période est propice ou non à une inondation, à partir de mesures prises au niveau de l’Atlantique Nord. Des simulations, menées par l’INRS-ETE ont permis de mieux comprendre le comportement des rivières et d’anticiper le phénomène d’inondation. Par exemple en aménageant des digues à distance, afin de rediriger la rivière dans son lit en cas de crue.
Contrairement à la France, le Québec a choisi de ne pas endiguer les rivières et les fleuves. En effet, ces aménagements sont loin d’être des plus efficaces du fait des alluvions qui peuvent faire monter le lit du fleuve, et de fait, les digues devraient être rehaussées.
De plus il existe un système de zones semblable aux zones des PPRI en France. Ces zones correspondent aux probabilités d’occurrence de crue, limitant ainsi l’aménagement de la zone en question.